641
6
Du côté Chinois, son Excellence M. Liang Tounyen, Taotai de la Douane de Tien-tsin, décoré de la Plume de Paon, fonctionnaire de Second Rang, &c.;
Lesquels, s'étant rendus à Nantchang, ont reconnu, après une minutieuse enquête, que les causes de la mort du Sous-Préfet de Nantchang, Kiang Tchao-tang, sont les suivantes :--
Le 29 de la première lune de la présente année (le 22 Février, 1900) M. Kiang Tchao-tang, Sous-Préfet de Nantchang, s'était rendu à la mission pour y négocier avec le missionnaire Catholique Français, M. Lacruche, au sujet d'anciennes affaires. L'accord n'ayant pu s'établir entre eux, le Sous-Préfet Kiang s'était coupé la gorge dans un accès de colère, acte à la suite duquel avaient été propagées contre le missionnaire Français des rumeurs calomnieuses, d'où étaient résultées les violences du 30 de la deuxième lune (le 25 Février, 1900).
Le Gouvernement Chinois ayant de lui-même châtié les coupables, son Excellence le Ministre de France à Pékin et le Ministre des Affaires Etrangères de Chine sont convenus des Articles énoncés ci-après, afin de ne laisser place à aucune contestation ultérieure:---
Article 1. Il sera versé entre les mains du Consul-Général de France à Shanghai, pour les familles des cinq professeurs tués, et en argent K'ou Ping K'ou-se, un secours de 40,000 taels outre 10,000 taels destinés aux frais d'autre lieu et du voyage de cinq nouveaux professeurs.
Art. 2. Pour les anciennes affaires de Sin Teh'ouang, ainsi que pour les missions, école, et établissements hospitaliers détruits lors des récents événements de Nantchang, et pour les pertes immobilières et mobilières quelconques des Chrétiens, il sera versé une indemnité globale de 200,000 taels, sur laquelle la mission prélèvera elle-même les sommes nécessaires pour indemniser les Chrétiens de leurs pertes dans les affaires sus-énoncées, qui se trouveront ainsi définitivement réglées.
Art. 3. La somme de 200,000 taels K'ou Ping K'ou-se énoncée à l'Article précédent sera répartie en dix versements de 20,000 taels chacun, lesquels seront effectués chaque trimestre entre les mains de l'Évêque Français à Kiukiang.
Art. 4. Les autorités locales remplaceront, dans le plus bref délai, ceux des titres de propriété de la mission qui avaient été détruits au cours des présents événements.
Une habitation sera prêtée dans la ville de Nantchang à la mission, en attendant qu'elle ait pu reconstruire une maison.
Art. 5. Le Gouverneur de Kiangsi publiera sans retard une Proclamation, dont le texte a été arrêté entre le Ministre de France à Pékin et le Ouai-ou Pou.
Le présent Accord a été rédigé en langue Française et Chinoise, et en quatre exemplaires dont—
L'un pour la Légation de France à Pékin;
L'un pour le Ministre des Affaires Étrangères de Chine
L'un pour le Gouverneur de la Province du Kiangsi;
Et l'un pour la mission Française de Kioukiang.
Fait à Pékin, le
;
7
Conformément à l'invitation reçue du Ouai-ou Pou, la présente Proclamation est, en conséquence, publiée pour faire savoir à la population de la province tout entière, lettrés et marchands, soldats et civils, que chacun devra observer paisiblement son devoir, se garder de donner de nouveau à la légère créance à de faux bruits ou d'en forger et propager à tort et à travers, et de susciter ainsi des incidents, toutes choses par lesquelles leurs auteurs s'attireraient eux-mêmes des maux.
Sachez bien tous que les Missions ont pour but primordial d'exhorter les hommes au bien, et que les missionnaires sont des gens convenables et polis; que les Chrétiens, à quelque confession qu'ils appartiennent, sont tous des enfants de la Chine, et qu'ils doivent obéissance aux lois de l'Empire. Pour toutes questions relatives aux unions matrimoniales, aux propriétés, aux affaires d'argent, aux querelles, aux litiges et procès, les deux parties doivent porter leurs plaintes aux Magistrats locaux, qui les jugeront avec équité.
Les Chrétiens ne doivent pas non plus porter de fausses accusations dictées par des sentiments de haine ou de rancune, ni solliciter, en dissimulant la vérité, les missionnaires d'intervenir, conformément aux Traités; cela dans le but d'assurer entre les Chrétiens et les non-Chrétiens l'égalité de traitement d'où naitront d'elles-mêmes la concorde et la paix.
Que chacun se conforme à ce qui précède, sans y contrevenir.
Sir,
Inclosure in No. 1.
Mr. Carnegie to Consul Werner.
Peking, July 9, 1906. WITH reference to your despatch of the 20th March and to other correspondence, I beg to inclose copies of a despatch and inclosures which I am sending to Sir Edward Grey on the Nanchang case.
I shall be glad if you will keep a close watch on the manner in which the promised punishments and rewards are carried out, and keep me informed of what is done. You should communicate with His Majesty's Supreme Court in regard to the £700 falling to the estate of Mr. Kingham, and to the £4,000, which is to be settled on the infant, Vera Kingham, and be guided by the advice of Sir H. de Sausmarez in both matters. When you have decided where the payment of £4,700 should be made-Kiukiang or Shanghae--you should inform the Governor of Kiangsi and request him to remit that amount to your credit before the 30th September next. The payment, when made, should be reported to me.
I am, &c. (Signed) LANCELOT D. CARNEGIE.
Inclosure 5 in No. 1.
Proclamation.
LE Ouai-ou Pou et le Ministre de France à Pékin ayant désigné chacun un Délégué pour faire une enquête sur l'affaire de Nantchang, il a été reconnu:
Que, le 29 de la première lune de la présente année (22 Février, 1906), M. Kiang Tchao-tang, Sous-Préfet de Nantchang, s'était rendu à la mission, avec le missionnaire Catholique Français, M. Lacruche, pour y négocier au sujet d'anciennes affaires, et que, l'accord n'ayant pu s'établir entre eux, le Sous-Préfet Kiang s'était coupé la gorge dans un accès de colère, acte à la suite duquel aient été propagées contre le missionnaire Français des rumeurs calomnieuses, d'où étaient résultés les événements du 30 de la deuxième lune (25 Février).
Aujourd'hui, les deux Gouvernements, considérant qu'il est très malheureux que ces faits se soient produits, et désirant que la concorde règne pour toujours entre les Chrétiens et les non-Chrétiens, et qu'il ne soit plus répandu contre les missions de rumeurs fausses et calomnieuses destinées à abuser et égarer la population, ont conclu entre eux un Arrangement stipulant que les affaires, tant anciennes que nouvelles, sont réglées et terminées, et qu'une Proclamation sera publiée par l'autorité de cette province pour rectifier les faux bruits précédemment répandus.
641
6
Du côté Chinois, son Excellence M. Liang Tounyen, Taotai de la Douane de Tien-tsin, décoré de la Plume de Paon, fonctionnaire de Second Rang, &c.;
Lesquels, s'étant rendus à Nantchang, ont reconnu, après une minutieuse enquête, que les causes de la mort du Sous-Préfet de Nantchang, Kiang Tchao-tang, sont les suivantes :--
Le 29 de la première lune de la présente année (le 22 Février, 1900) M. Kiang Tchas. tang, Sous-Préfet de Nantchang, s'était rendu à la mission pour y négocier avec le missionnaire Catholique Français, M. Lacruche, au sujet d'anciennes affaires. L'accord n'ayant pu s'établir entre eux, le Sous-Préfet Kiang s'était coupé la gorge dans un accès de colère, acte à la suite duquel avaient été propagées contre le missionnaire Français des rumeurs calomnieuses, d'où étaient résultées les violences du 3a de la deuxième lune (le 25 Février, 1996).
Le Gouvernement Chinois ayant de lui-même châtié les coupables, son Excellence le Ministre de France à Pékin et le Ministre des Affaires Etrangères de Chine sont convenus des Articles énoncés ci-après, afin de ne laisser place à aucune contestation ultérieure:---
Article 1. Il sera versé entre les mains du Consul-Général de France à Shanghai, pour les familles des cinq professeurs tués, et en argent K'ou Ping K'ou-se, un secours de 40,000 taels outre 10,000 taels destinés aux frais d'autre lieu et du voyage de cinq nouveaux professeurs.
Art. 2. Pour les anciennes affaires de Sin Teh'ouang, ainsi que pour les missions, école, et établissements hospitaliens détruits lors des récents événements de Nantehang, et pour les pertes immobilières et mobilières quelconques des Chrétiens, il sera versé une indemnité globale de 200,000 taels, sur laquelle la mission prélèvera elle-même les sommes nécessaires pour indemniser les Chrétiens de leurs pertes dans les affaires susénoncées, qui se trouveront ainsi définitivement réglées.
Art. 3. La somme de 200,000 taels K'ou Ping K'ou-se énoncée à l'Article précédent sera répartie en dix versements de 20,000 taels chacun, lesquels seront effectués chaque trimestre entre les mains de l'Évêque Français à Kiukiang.
Art. 4. Les autorités locales remplaceront, dans le plus bref délai, ceux des titres de propriété de la mission qui avaient été détruits au cours des présents événements.
Une habitation sera prêtée dans la ville de Nantchang à la mission, en attendant qu'elle ait pu reconstruire une maison.
Art. 5. Le Gouverneur de Kiangsi publiera sans retard une Proclamation, dont le texte a été arrêté entre le Ministre de France à Pékin et le Ouai-ou Pou.
Le présent Accord a été rédigé en langue Française et Chinoise, et en quatre exemplaires dont—
L'un pour la Légation de France à Pékin;
L'un pour le Ministre des Affaires Étrangères de Chine L'un pour le Gouverneur de la Province du Kiangei;
Et l'un pour la mission Française de Kioukiang.
Fait à Pékin, le
;
7
Conformément à l'invitation reçue du Ouai-ou Pou, la présente Proclamation est, -en conséquence, publiée pour faire savoir à la population de la province tout entière, lettrés et marchands, soldats et civils, que chacun devra observer paisiblement son devoir, se garder de donner de nouveau à la légère créance à de faux bruits ou d'en forger et propager à tort et à travers, et de susciter ainsi des incidents, toutes choses par laquelles leurs auteurs s'attireraient eux-mêmes des maux.
Sachez bien tous que les Missions ont pour but primordial d'exhorter les hommes au bien, et que les missionnaires sont des gens convenables et polices; que les Chrétiens, à quelque confession qu'ils appartiennent, sont tous des enfants de la Chine, et qu'ils doivent obéissance aux lois de l'Empire. Pour toutes questions relatives aux unions matrimoniales, aux propriétés, aux affaires d'argent, aux querelles, aux litiges et procès, les deux parties doivent porter leurs plaintes aux Magistrats locaux, qui les jugeront avec équité.
Les Chrétiens ne doivent pas non plus porter de fausses accusations dictées par des sentiments de baine ou de rancune, ni solliciter, en dissimulant la vérité, les missionnaires d'intervenir, conformément aux Traités; cela dans le but d'assurer entre les Chrétiens et les non-Chrétiens l'égalité de traitement d'où naitront d'elles-mêmes la concorde et la paix.
Que chacun se conforme à ce qui précède, sans y contrevenir.
Sir,
Inclosure & in No. 1.
Mr. Carnegie to Consul Werner.
Peking, July 9, 1906. WITH reference to your despatch of the 20th March and to other correspondence, I beg to inclose copies of a despatch and inclosures which I am sending to Sir Edward Grey on the Nanchang case.
I shall be glad if you will keep a close watch on the manner in which the promised punishments and rewards are carried out, and keep me informed of what is done. You should communicate with His Majesty's Supreme Court in regard to the 7001. falling to the estate of Mr. Kingham, and to the 4,000, which is to be settled on the infant, Vera Kingham, and be guided by the advice of Sir H. de Sausmarez in both matters. When you have decided where the payment of 4,7001, should be made-Kiukiang or Shanghae --you should inform the Governor of Kiangsi and request him to remit that amount to your credit before the 30th September next. The payment, when made, should be reported to me.
I am, &c. (Signed) LANCELOT D. CARNEGIE.
Inclosure 5 in No. 1.
Proclamation.
LE Ouai-ou Pou et le Ministre de France à Pékin ayant désigné chacun un Délégué pour faire une enquête sur l'affaire de Nantchang, il a été reconnu:
Que, le 29 de la première lune de la présente année (22 Février, 1906), M. Kiang Tchao-tang, Sous-Préfet de Nantchaug, s'était rendu à la mission, avec le missionnaire Catholique Français, M. Lacruche, pour y négocier au sujet d'anciennes affaires, et que, l'accord n'ayant pu s'établir entre eux, le Sous-Préfet Kiang s'était coupé la gorge dans un accès de colère, acte à la suite duquel aient été propagées contre le missionnaire Français des rumeurs calomnieuses, d'où étaient résultés les événements du 3a de ls deuxième lune (25 Février).
Aujourd'hui, les deux Gouvernements, considérant qu'il est très malheureux que ces faits se soient produits, et désirant que la concorde règne pour toujours entre les Chrétiens et les non-Chrétiens, et qu'il ne soit plus répandu contre les missions de rumeurs fausses et calomnieuses destinées à abuser et égarer la population, ont conclu entre eux un Arrangement stipulant que les affaires, tant anciennes que nouvelles, sont réglées et terminées, et qu'une Proclamation sera publiée par l'autorité de cette province poar rectifier les faux bruits précédemment répandus.
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